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L'anarchiste peut se définir comme celui qui rejette toute forme de gouvernement externe et d'Etat et qui croit que la société et les individus pourraient fonctionner parfaitement sans eux.
L'anarchiste est libertaire. Le libertaire considère la liberté comme une valeur suprême et voudrait limiter les pouvoirs du gouvernement au minimum nécessaire pour assurer la sécurité. Tous les anarchistes sont libertaires mais tous les libertaires ne sont pas anarchistes
La pensée anarchiste suppose :
- une vision spécifique de la nature humaine
- une critique de l'ordre existant
- une vision d'une société libre
- un moyen de parvenir à cette société
L'anarchisme n'est pas un système de pensée figé, ni une théorie unique relevant d'un penseur bien particulier. Il se caractérise au contraire par une pensée en constante évolution, et par la grande diversité de courants qui le composent.
L'anarchisme a pour principale caractéristique de rechercher une adéquation entre la fin et les moyens. Ce postulat de départ permet de définir trois principes méthodiques :
- le rejet de la politique
- l'action directe
- l'auto organisation du mouvement social
L'anarchisme n'a rien d'un mouvement politique ; il est social car il cherche à éliminer toute forme de pouvoir. Il vise en effet à la transformation de la société et non à son contrôle. L'idéologie lui est étrangère. Le mouvement anarchiste historique a toujours prêché l'abstention politique dans les systèmes en place.
« Si voter changeait quelque chose, ce serait interdit ! »
En ayant recours à l'action directe, l'anarchisme entend intervenir directement dans la société sans s'appuyer sur les institutions en place. A noter, que l'action directe n'implique pas forcément la violence dans l'esprit anarchiste.
Tous les anarchistes rejettent la légitimité du gouvernement externe et de l'Etat, et condamnent l'autorité politique imposée, la hiérarchie et la domination.
Ils cherchent à établir une société autorégulée et décentralisée, basée sur la fédération en associations volontaires d'individus libres et égaux.
Le but ultime de l'anarchisme est de créer une société libre qui permette à chaque être humain de se réaliser pleinement.
Le projet social libertaire n'est pas une abstraction toute faite, c'est dans les luttes et les alternatives vécues concrètement que l'anarchie prend forme et s'élabore progressivement, au contact de la réalité. La fin indique les moyens, et en retour, les moyens construisent la fin.
LA SOCIETE & L'ETAT
Pour les anarchistes, la société représente tout ce qu'il y a de bon dans l'humanité : la coopération, l'entraide, la solidarité, l'initiative et la spontanéité. Les anarchistes croient à l'ordre naturel. Sans les restrictions artificielles de l'Etat ou du gouvernement, sans la coercition d'une autorité imposée, l'harmonie des intérêts émergerait naturellement entre les hommes.
"la libérter de chacun s'arrete la ou la libérter des otres commences" (de moi)
L'Etat, par contre, est une création récente dans l'organisation politique humaine et les anarchistes soulignent que, tout au long de l'histoire, les êtres humains ont su s'organiser en société sans gouvernement ni loi, de façon pacifique et productive. Ils reconnaissent que l'humanité a toujours vécu en société mais estiment que les gouvernements ont toujours amplifié les risques de conflit social au lieu d'y apporter une solution. L'Etat est né en même temps que les inégalités économiques : dès lors qu'un surplus, pouvant être récupéré par un petit nombre, a été produit, la propriété privée et les relations de classe se sont développées. Avec l'abolition de l'Etat, les anarchistes supposent qu'une plus grande égalité sera finalement atteinte. Toutefois, ils proposent ensuite selon les courants toute une gamme de systèmes économiques, du « laisser-faire » basé sur la propriété privée au communisme volontaire.
Les anarchistes cherchent à combiner les anciennes formes de coopération & d'entraide des sociétés organiques avec le sens moderne de l'individualité et de l'autonomie.
Les religions et les institutions politiques sont considérées comme irrationnelles et artificielles.
« Toute organisation politique est destinée à s'achever dans la négation de la liberté. »
Si les anarchistes considèrent que la démocratie est préférable à la monarchie, l'aristocratie ou le despotisme, ils n'en affirment pas moins qu'elle reste essentiellement oppressive. L'idée que le gouvernement puisse contrôler l'individu et sa propriété simplement parce qu'il reflète la volonté de la majorité est complètement injuste.
LIBERTE & EGALITE
Les anarchistes rejettent toute forme de coercition et d'autorité extérieure pour aboutir au plus fort degré de liberté et d'égalité. Sans liberté, les hommes ne peuvent développer pleinement leurs capacités. La liberté pure ne peut être atteinte que dans une société sans Etat.
L'anarchisme entend par liberté, tant la liberté d'expression, de pensée, de réunion et de mouvement que le fait d'être libéré du besoin et de l'insécurité.
Toutefois, seule une minorité d'anarchistes sont convaincus que chacun doit faire ce qu'il veut peu importe les conséquences. Il s'agit de développer la liberté pour chacun et dans tous les domaines, la seule limite étant une liberté égale pour tous les autres.
Les anarchistes ne prêchent pas pour la liberté absolue car sans limites définies, une définition de la liberté ne peut être que vide de sens. La liberté est plus un moyen qu'une fin.
« L'aspiration à la liberté illimitée, si elle n'est pas tempérée par l'amour de l'humanité et le désir que chacun jouisse d'une liberté égale, pourrait bien créer des rebelles qui, s'ils sont assez forts, deviendraient vite des exploiteurs et des tyrans mais jamais des anarchistes. »
Cet engouement pour la liberté se retrouve dans le refus de l'autorité qui s'exerce toujours dans les différents types de hiérarchie. Pour les anarchistes, une organisation sans contrainte, basée sur la libre adhésion et la coopération volontaire, est le seul remède à l'autorité. Dans ce but, ils en appellent à la décentralisation de l'autorité et, finalement, à sa dilution maximale.
D'autre part, ils dénigrent le pouvoir corrupteur qui détruit autant celui qui l'exerce que celui qui le subit. Le seul pouvoir acceptable est celui que l'on exerce sur soi-même sous la forme de l'autodiscipline, de l'autodétermination et de l'autonomie.
Dans des conditions d'anarchie, il n'y aurait donc pas d'Etat ni de concentration de force. Les êtres humains seraient des partenaires égaux dans un monde sans hiérarchie ni domination. Et, même si cela semble difficilement réalisable, le but ultime consisterait à atteindre une complète disparition de toute autorité imposée et de tout pouvoir coercitif.
« La seule grande et puissante autorité que nous puissions respecter est celle de l'esprit collectif. »
Les anarchistes ne voient pas de contradiction entre liberté et égalité mais pensent au contraire que ces deux notions se renforcent mutuellement. L'égalité devrait s'étendre à toute l'humanité. Cependant, du fait de l'importance de l'individualité, les anarchistes ne demandent pas une égalité économique totale. Tout en défendant la valeur et les besoins de chacun, ils ne demandent ni un traitement égal ni un partage égal. Ils cherchent seulement la plus grande liberté compatible avec la plus grande égalité de liberté.